Comment tout a commencé

Histoire

Le 22 novembre 2019, le Service civil pour la paix a fêté ses 20 ans. En 1999, à cette même date, les premiers experts du SCP ont pris leurs fonctions dans des zones de crises et de conflits afin d’y soutenir des personnes et des organisations engagées dans la promotion de la paix.

rs1333-diskussion-2.jpg

Le Service civil pour la paix : comment tout a commencé

En 1999, les premiers experts du SCP se sont envolés vers l’ex-Yougoslavie, le Guatemala, la Roumanie, le Zimbabwe et les territoires palestiniens. Depuis, le SCP s’est développé pour devenir un modèle de réussite en matière de prévention de la violence et de promotion de la paix dans le monde entier.

Pendant les années 90, alors que l’éclatement de la Yougoslavie provoquait des guerres en Europe, une idée germa en Allemagne, dans les milieux ecclésiastiques et la société civile : celle d’un Service civil pour la paix. À partir de 1993, un forum de discussion appelé « Service civil pour la paix », animé par des personnes et groupes intéressés, proposa un concept de travail pour la paix, semblable aux services de développement. Sa promotion politique fut lancée en 1995. En 1997, de nombreuses personnalités politiques et culturelles signèrent une « déclaration berlinoise en faveur d’un Service civil pour la paix en Allemagne ». À partir de 1996, des formations qualifiantes régulières à destination de personnes ayant une expérience professionnelle et personnelle particulière furent proposées : à ce jour, des centaines d’experts y ont participé. La même année, suite à un échange continu d’expériences et d’idées entre les groupes de paix et les services de développement reconnus fut lancé le "Consortium Service civil pour la paix".

Le changement de gouvernement, en 1998, a permis une mise en œuvre concrète : ce qui, jusqu’alors, n’avait été qu’une idée prit enfin la forme très concrète d’une entreprise commune des organisations allemandes pour la paix et le développement et du ministère de la Coopération économique et du Développement (BMZ). Ce soutien public permit une augmentation rapide du nombre de pays partenaires, de projets engagés et d’experts délégués. Le Consortium est passé du statut d'atelier prospectif théorique à celui de plate-forme de travail opérationnelle des (désormais) neuf agences responsables. C’est dans ce contexte qu’ont vu le jour les premières publications spécialisées et que furent élaborées les premières normes communes applicables aux travaux de qualification et aux activités de projet. Entre 2009 et 2011, les membres du Consortium se sont soumis à une évaluation majeure. Il en découla des suggestions d'amélioration, entre autres en matière de renforcement du travail de relations publiques, lesquelles furent mises en œuvre dans le cadre d’un processus commun de réformes.

Plus de 20 ans après sa création, la cause soutenue par le SCP est plus que jamais d'actualité. Les conflits armés prennent de plus en plus d’ampleur à travers le monde. En 2018, l'Institut pour la recherche sur les conflits internationaux de Heidelberg a comptabilisé environ 372 conflits politiques, dont 213 impliquaient une violence armée. Ils ont majoritairement lieu au sein d’états fragiles ; ils créent un climat de haine violente entre plusieurs groupes de la population, ce que le SCP s’efforce de combattre par son travail.

Depuis 1999, environ 1500 experts du SCP dans près de 60 pays ont contribué avec succès à la gestion pacifique des conflits. Aujourd’hui, le SCP compte environ 350 experts internationaux présents dans 43 pays. En 2018, le SCP a été financé à hauteur de 45 millions d’euros par le BMZ. En 2019 et en 2020, il reçoit 55 millions d’euros.

L’efficacité des activités civiles de promotion de la paix s’illustre par des exemples pratiques : ainsi, au printemps 2016, grâce au traitement d´évènement marquants du conflit, des hauts gradés de l'armée ont été jugés pour des crimes violents commis lors de la guerre civile au Guatemala. En ex-Yougoslavie, le travail post-traumatique avec des vétérans de la guerre a permis des initiatives de réconciliation; avec le soutien du SCP, d'anciens soldats ont entrepris de partager leurs témoignages personnels avec les adolescents afin que l'histoire cruelle ne se répète pas. En Colombie, les experts du SCP travaillent avec des journalistes locaux pour favoriser une couverture médiatique sensible ayant pour but de désamorcer le conflit au lieu de l’envenimer. Bien d'autres exemples encore sont présentés sur notre site web.

Auteur : Tilman Evers - spécialiste des sciences sociales et conseiller en politique du développement et en gestion des conflits. Il a soutenu et accompagné le SCP depuis ses débuts, y compris au sein du comité directeur du forumZFD.